Le problème
Le paludisme à Plasmodium vivax (P. vivax) est le type d’infection palustre le plus fréquent hors d’Afrique subsaharienne. Après l’infection initiale, le P. vivax reste en dormance dans le foie, puis il se réactive pour causer des épisodes récurrents de maladie. L’élimination du P. vivax demande une intervention ciblant le parasite simultanément aux stades sanguin et hépatique de son cycle de vie, ce que l’on appelle la « guérison radicale ». Le traitement du stade hépatique nécessite généralement 14 doses quotidiennes d’un médicament appelé primaquine, qui, chez certains patients, peut provoquer une anémie hémolytique (une destruction ou une altération des globules rouges). En raison de sa durée et de ses effets secondaires, ce traitement est souvent interrompu avant son terme. Le manque d’outils de diagnostic permettant d’identifier les patients à haut risque d’anémie hémolytique constitue un obstacle supplémentaire. Le traitement des enfants est compliqué par l’absence de formulations pédiatriques de qualité garantie.
Notre intervention
Dans le cadre du Partenariat pour éliminer le P. vivax (PAVE), dirigé par Medicines for Malaria Venture (MMV), Unitaid a soutenu des études de faisabilité et des travaux de recherche opérationnelle menés sous la direction des pays, en collaboration avec les ministères de la Santé et les instituts nationaux de recherche de cinq pays.
Ces études ont évalué la faisabilité de l’introduction du dépistage du déficit en G6PD afin de guider la guérison radicale, au moyen soit de la tafénoquine à dose unique au Pérou, en Éthiopie et au Viet Nam, soit d’un traitement de primaquine à forte dose pendant sept jours en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Les études ont produit des données en conditions réelles sur la possibilité d’intégrer ces nouvelles approches de manière sûre et efficace dans les services de santé de routine, ainsi que sur leur rapport coût-efficacité, leur acceptabilité et la capacité des systèmes de santé à les mettre en œuvre.
Le partenariat PAVE a contribué à produire les données nécessaires pour élargir l’accès à des approches plus sûres et plus simples pour prévenir les rechutes du P. vivax :
- Tafénoquine à dose unique : les études de faisabilité et de mise en œuvre ont produit des données sur l’introduction de la tafénoquine parallèlement au dépistage du déficit en G6PD dans les services de santé de routine. Ces données ont contribué à son introduction au Brésil et en Thaïlande, ainsi qu’à l’adoption de la tafénoquine et du dépistage du déficit en G6PD dans les directives nationales de traitement au Pérou et au Viet Nam. La tafénoquine à dose unique et sa formulation pédiatrique ont été préqualifiées par l’OMS en décembre 2024.
- Dépistage du déficit en G6PD au point de service : PAVE a soutenu des travaux de recherche et de mise en œuvre visant à évaluer l’utilisation du dépistage du déficit en G6PD au point de service pour identifier les patients présentant un risque d’hémolyse et guider la guérison radicale en toute sécurité. Le test STANDARD G6PD a été préqualifié par l’OMS en décembre 2024.
- Traitement plus court par la primaquine : en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les études soutenues par PAVE ont évalué la faisabilité d’un traitement de primaquine à forte dose pendant sept jours, comme alternative au traitement traditionnel de 14 jours, générant des données destinées à éclairer sa mise en œuvre future.
- Primaquine pédiatrique : le partenariat a également contribué aux efforts visant à remédier au manque d’options de guérison radicale adaptées aux enfants. Les premières formulations pédiatriques de primaquine ont été préqualifiées par l’OMS en novembre 2025, élargissant ainsi la disponibilité de traitements de qualité garantie pour les enfants.
Les activités de mise en œuvre soutenues par PAVE ont également permis de former des milliers d’agents de santé à l’utilisation des approches de guérison radicale et au dépistage du déficit en G6PD. Les données produites dans le cadre du partenariat ont contribué aux orientations de l’OMS et aux discussions sur les politiques nationales, notamment au guide pratique sur la prise en charge du paludisme à Plasmodium vivax publié par l’OMS en 2025.
Ensemble, ces travaux aident les pays à passer de la mise au point de nouveaux produits et approches thérapeutiques à leur intégration concrète dans les systèmes de santé, ouvrant la voie à un accès élargi à des moyens plus sûrs et plus simples de prévenir les rechutes du P. vivax.
