Communiqués de presse

Unitaid investit 36 millions de dollars US en soutien au déploiement à grande échelle et basé sur des données probantes d’outils innovants de prévention du paludisme

Photo: Unitaid

Parallèlement aux premiers déploiements à grande échelle de diffuseurs spatiaux, de nouveaux programmes permettront de produire des données probantes afin d’étayer les orientations pratiques et les décisions favorisant la mise à l’échelle de cette approche, tout en évaluant l’efficacité des écharpes de portage des bébés imprégnées d’insecticide.

Alors que les pays se préparent à introduire les diffuseurs spatiaux, une nouvelle génération d’outils de prévention du paludisme, Unitaid investit 36 millions de dollars US dans deux projets complémentaires visant à produire les données probantes qui favoriseront leur déploiement efficace et durable. Ces projets soutiendront les efforts de recherche sur la mise en œuvre des diffuseurs spatiaux, à mesure qu’ils sont déployés à grande échelle à la suite de l’annonce du gouvernement des États-Unis, du Fonds mondial et de SC Johnson. Ces derniers ont déclaré vouloir atteindre au moins 60 millions de personnes avec ce produit à travers les pays prioritaires d’ici à 2029.

Les diffuseurs spatiaux sont des dispositifs qui libèrent un insecticide dans l’air, ce qui réduit la présence des moustiques, leurs piqûres et leur alimentation, et offre une protection continue à l’intérieur, à condition qu’ils soient correctement installés et remplacés lorsque nécessaire. Les résultats d’un essai financé par Unitaid au Kenya ont mis en évidence une réduction de 32 % des nouvelles infections par le paludisme et ont contribué à la recommandation conditionnelle formulée en août 2025 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l’utilisation de diffuseurs spatiaux en complément des moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Community health worker installing a spatial emanator.

Financés par Unitaid et menés par Swiss TPH et le Centre de recherche sur les maladies infectieuses (CRID) au Cameroun, deux projets produiront des données probantes issues du terrain afin de déterminer comment utiliser les diffuseurs spatiaux pour obtenir le meilleur rapport coût-efficacité et l’impact le plus marqué dans différents contextes de transmission et groupes de population, et avec différentes espèces de moustiques. Ils permettront aussi d’éclairer l’évolution des orientations de l’OMS. En étroite collaboration avec les organisations de la société civile et communautaires, il s’agira notamment de recueillir des données sur l’utilisation des diffuseurs spatiaux dans les régions où la couverture en moustiquaires imprégnées d’insecticide est faible, mais également en milieu urbain, marqué par ses propres problématiques de lutte contre le paludisme.

Les deux projets produiront aussi des données préliminaires sur l’efficacité potentielle des diffuseurs spatiaux pour la protection contre les moustiques Aedes, qui transmettent la dengue ainsi que d’autres maladies dont ils sont porteurs. Le fardeau de la dengue s’étend en Afrique subsaharienne, où les infections se sont multipliées par neuf entre 2019 et 2023.

“ Les pays se préparent à introduire les diffuseurs spatiaux, une toute nouvelle classe d’outils de lutte antivectorielle, chose que l’on n’avait pas vue depuis des décennies. Les décisions qu’ils prendront au cours des prochaines années détermineront l’impact que ces nouveaux outils peuvent obtenir. Les investissements d’Unitaid visent à produire les données exploitables dont les pays ont besoin pour apporter le plus grand bénéfice possible aux personnes touchées par le paludisme.”

Dr. Philippe Duneton

directeur exécutif d’Unitaid

“ Nous souhaitons produire des données concrètes issues du terrain pour comprendre comment et dans quels contextes les diffuseurs spatiaux peuvent compléter les mesures de prévention existantes contre le paludisme. Les résultats permettront d’étayer les recommandations de l’OMS, d’aider les pays à prendre des décisions basées sur des données probantes et, à terme, de contribuer à réduire le fardeau du paludisme.”

Nakul Chitnis

chef de projet chez Swiss TPH

Avec le soutien d’Unitaid, le CRID mènera également une étude supplémentaire visant à mieux comprendre comment les écharpes de portage imprégnées d’insecticide pourraient être mises en œuvre dans différents pays et contextes.

Les écharpes de portage imprégnées d’insecticide sont des écharpes en tissu traditionnelles utilisées pour porter les jeunes enfants. Une récente étude randomisée menée en Ouganda a montré que ces dispositifs permettaient de réduire de 66 % le nombre de cas de paludisme chez les nourrissons lorsqu’ils étaient utilisés en complément de moustiquaires imprégnées d’insecticide, démontrant ainsi leur potentiel à protéger l’une des populations les plus vulnérables aux maladies graves et aux décès imputables au paludisme.

Mother and child at a local clinic

Le CRID évaluera les questions pratiques d’utilisation de ces écharpes dans d’autres pays, y compris le Cameroun, le Kenya et une zone de crise humanitaire à la frontière du Myanmar, et contribuera à la production de données probantes pour renseigner les orientations de l’OMS.

“ La recommandation formulée par l’OMS en 2025 concernant les diffuseurs spatiaux était assortie de conditions, et ce, à juste titre : d’importantes questions subsistent quant à leur efficacité en dehors des conditions d’essai, dans différents contextes de transmission et au sein de différentes populations. CANVeCT a été conçu précisément pour répondre à ces questions, afin que la prochaine version des orientations mondiales s’appuie sur des données probantes produites lors du déploiement effectif du programme, et non après coup.”

Prof. Wondji Charles

directeur exécutif du CRID


Note aux rédactions

À propos de CANVeCT, mené par le CRID

CANVeCT (Catalysing the Adoption of a Novel Vector Control Toolbox) est un projet mené par le Centre de recherche sur les maladies infectieuses (CRID) au Cameroun visant à produire des données concrètes pour aider les pays à déployer à grande échelle de nouveaux outils de prévention du paludisme, y compris les diffuseurs spatiaux et les écharpes de portage imprégnées d’insecticide. Le projet produira des données probantes sur le recours aux diffuseurs spatiaux au Cameroun – et possiblement dans un autre pays – et étudiera l’utilisation des écharpes de portage imprégnées d’insecticide pour le portage des bébés au Cameroun, au Kenya et dans une zone de crise humanitaire située à la frontière du Myanmar. Ces résultats aideront les pays à comprendre où et comment ces outils peuvent être utilisés au mieux et contribueront à l’évolution des orientations de l’OMS. Lancé initialement en 2025, CANVeCT représente un investissement de 18 millions de dollars US de la part d’Unitaid, qui s’inscrit dans le cadre de l’investissement de 36 millions de dollars US annoncé aujourd’hui. Le projet a été adapté afin de tenir compte du passage à une mise en œuvre nationale des diffuseurs spatiaux et de l’évolution du contexte mondial.

À propos de CONVINCE, mené par Swiss TPH

CONVINCE (Country Operationalized Novel Vector Interventions for Malaria Control) est un projet mené par Swiss TPH qui permettra de produire des données concrètes sur la manière dont les diffuseurs spatiaux peuvent être utilisés efficacement dans différents contextes et auprès de différentes populations, notamment dans les zones où la couverture ou l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide est faible, en milieu rural et urbain, ainsi que dans les zones où différentes espèces de moustiques sont présentes. Ce projet évaluera également la manière dont les communautés perçoivent et utilisent ces nouveaux outils, leur coût, ainsi que la manière dont ils peuvent être intégrés aux programmes existants de lutte contre le paludisme. Ces résultats aideront les pays à prendre des décisions éclairées sur les régions où seront mis en œuvre les diffuseurs spatiaux et comment ils seront utilisés, tout en contribuant à l’évolution des orientations de l’OMS.

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