Appel à propositions : INSPIRE – amélioration des chaînes d’approvisionnement nationales en faveur de l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale et de l’efficacité des ressources

Date de publication
12 janvier 2026
Statut de l'appel
FERMÉ
Échéance

vendredi, 20 mars 2026 à 12 h (midi) CET.

Contexte

Bien que le fardeau mondial de la santé maternelle et néonatale ait significativement diminué ces 30 dernières années, les progrès stagnent désormais et les objectifs de développement durable concernés ne seront pas atteints d’ici 2030. Chaque année, on compte 260 000 décès maternels et 2,4 millions de décès de nouveau-nés, ainsi que 1,9 million de cas de mortinatalité dus à des complications de la grossesse et de l’accouchement, pour la plupart dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les progrès obtenus en matière de diminution de la mortalité sont dus en grande partie à l’élargissement de l’accès aux soins. Cette réalité est répercutée dans les objectifs récents du programme Every Woman, Every Newborn, Everywhere (Chaque femme, chaque enfant, partout) (EWENE, selon son acronyme anglais) : 90 % de couverture pour quatre visites de soins prénatals, 90 % de couverture pour la présence de personnel formé à la naissance, 80 % de couverture pour les soins postnatals et des soins du nourrisson, et 80 % de couverture pour les soins d’urgence en obstétrique et auprès du nourrisson. EWENE guide désormais les efforts des pays pour atteindre les objectifs de santé maternelle et néonatale dans le cadre des objectifs de développement durable, mais beaucoup de pays ne sont pas encore en passe d’atteindre les objectifs[1].

Toutefois, il ne suffit pas d’augmenter la couverture des services pour continuer à faire baisser la mortalité chez les mères et les nouveau-nés. Les soins fournis doivent aussi absolument être de grande qualité. Cette qualité dans les soins de santé maternelle et néonatale repose sur quatre piliers : accouchement par le bon prestataire ; dans un établissement correctement équipé ; prestation d’un ensemble de services adapté ; utilisation de produits de santé appropriés de qualité garantie. Même dans les lieux où les services sont bien accessibles, la disponibilité limitée et/ou la mauvaise qualité des produits de santé essentiels peuvent considérablement affecter les résultats. Il faut donc impérativement renforcer la qualité et la disponibilité des produits vitaux, en plus de la couverture, pour atteindre une diminution durable de la mortalité chez les mères et les nouveau-nés.  

Même si des interventions ont eu lieu et des engagements ont été pris pour augmenter l’accès à des produits de santé maternelle et néonatale dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les études dans différents pays montrent que la continuité de la disponibilité sur les lieux de soins reste un véritable défi. Une évaluation du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) menée dans la région d’Afrique de l’Ouest et centrale a révélé que la disponibilité d’au moins sept produits vitaux pour la santé maternelle atteignait un seuil critique dans plusieurs pays, dont le Sénégal (12,8 %), le Congo (31,35 %), le Bénin (36 %) et le Mali (45 %)[2]. D’après certaines évaluations, les ruptures de stock continuent d’empirer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire[3]. L’accès aux produits de santé maternelle et néonatale est d’autant plus limité et inégal. Ainsi, moins de 20 % des femmes qui ont besoin d’antihypertenseurs pendant la grossesse en reçoivent. Les médicaments utérotoniques et la supplémentation en fer et en acide folique subissent un sort similaire, puisque moins de 50 % des femmes enceintes bénéficient de ces interventions essentielles[4]. Ces dernières années, Unitaid et certains de ses partenaires ont investi pour accélérer l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale les plus récents et les moins utilisés. Ces efforts se sont traduits par d’importants progrès dans l’aide à leur adoption par les pays et dans leur mise à l’échelle rapide. Cependant, pour que l’accès soit durable, les actions doivent être pérennes. Même lorsque les produits sont approuvés par les politiques et introduits dans les programmes nationaux, des obstacles systémiques subsistent et compromettent l’amélioration des résultats de santé et l’accès équitable aux produits essentiels de santé maternelle et néonatale. Ces obstacles, comme ceux liés à la quantification nationale, aux achats et aux systèmes de financement, peuvent être surmontés par des efforts ciblés visant à améliorer la coordination, l’utilisation des données et la cohérence. Ces actions menées à l’initiative des pays favorisent également l’optimisation de l’emploi des ressources rares, un aspect particulièrement critique dans l’environnement actuel de restrictions de financement.   

Les produits de santé soutenus par des financements bailleurs importants, comme pour le VIH ou le paludisme, bénéficient parfois d’une aide programmatique dédiée, avec un financement et des achats directs ou centralisés. En revanche, la plupart des produits de santé maternelle et néonatale sont achetés et financés par les gouvernements, au moyen de financements nationaux. C’est pourquoi ces produits sont soumis à des arrangements d’achat et de financement différents et sont souvent gérés au sein de systèmes de chaînes d’approvisionnement plus larges, pour les médicaments essentiels. Si ce fonctionnement peut faciliter la pérennité sur le long terme, il expose aussi ces produits aux mêmes difficultés systémiques qui affectent l’ensemble des médicaments essentiels. Souvent, aucune ligne budgétaire n’est dédiée aux produits de santé maternelle et néonatale. Ils sont alors regroupés dans des budgets plus larges dédiés aux médicaments essentiels, dans la plupart des cas inadaptés aux besoins généraux. La forte fragmentation des financements et des achats limite la mise en place d’initiatives d’orientation des marchés. Bien qu’il existe des mécanismes de financement pour les produits de santé maternelle et néonatale, ils sont souvent sous-utilisés en raison de l’ignorance ou du manque de clarté quant à la manière dont les programmes de pays peuvent y accéder. En outre, la baisse des financements par dons dans d’autres domaines exacerbe les contraintes budgétaires, ce qui augmente la concurrence face à des ressources limitées. Par conséquent, les produits de santé maternelle et néonatale risquent de passer au second plan au profit d’autres produits de santé. À cela s’ajoute le fait qu’une fois débloqués, les financements gouvernementaux sont souvent tardifs et insuffisants, ce qui crée des difficultés majeures en matière de planification des achats, de négociation des prix et de régularité des paiements aux fournisseurs. Ces facteurs rendent l’accès à ce type de produits particulièrement vulnérable à la fois aux contraintes systémiques et aux difficultés propres à la santé maternelle et néonatale.  

Les retards dans la mise à jour des directives, des politiques et des listes de médicaments essentiels pour intégrer les produits de santé maternelle et néonatale les plus récents et les plus efficaces peuvent entraver le choix des produits et limiter la disponibilité des principaux produits de cette catégorie. Ainsi, bien que l’aspirine à faible dose puisse être incluse dans les listes de médicaments essentiels, les directives cliniques de certains pays ne recommandent toujours pas son utilisation en prévention de la prééclampsie[5]. Ces retards peuvent être imputables à des lacunes dans les mécanismes coordonnés, fondés sur des données probantes, qui interviennent lors de l’introduction et de la mise à l’échelle des produits. Les méthodologies limitées pour prévoir les besoins en produits de santé maternelle et néonatale, couplées au manque de fiabilité des données de consommation et de services, compromettent la précision des prévisions. Souvent, les efforts de prévision sont déconnectés des décisions de budgétisation et d’achat, ce qui entraîne des incohérences entre les besoins réels et les achats et financements obtenus. Par leur lenteur et leur lourdeur, les processus d’achat peuvent entraîner des retards de livraison. De plus, les politiques d’achat qui accordent la priorité aux prix bas compromettent parfois la qualité. Les systèmes d’achat fragmentés, tant dans les pays qu’entre les régions, freinent la coordination, avec des prix variables entre les zones, ce qui souligne les lacunes de l’optimisation du marché. En outre, le mauvais accès aux produits de santé dans les zones d’accès difficile exacerbe les difficultés d’accès et d’équité.  

Les fournisseurs de qualité sont souvent découragés d’entrer sur les marchés des pays à revenu faible ou intermédiaire en raison du manque de visibilité de la demande et de la longueur des processus d’enregistrement des produits. De plus, comme ces produits sont généralement à bas coût et offrent une marge étroite, les fournisseurs sont peu enclins, sur le plan commercial, à effectuer les investissements nécessaires. Les lacunes de la surveillance après commercialisation peuvent accentuer la prolifération des produits de santé maternelle et néonatale de mauvaise qualité. Pour toutes ces raisons, les produits de santé maternelle et néonatale de moindre qualité dominent souvent les marchés des pays à revenu faible ou intermédiaire.  

Exemples de difficultés limitant l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale 

Rôle   Difficultés 
Directives et politiques Retards dans l’actualisation des directives et des politiques pour tenir compte des nouvelles données probantes et des recommandations de l’OMS 
Mécanismes de coordination mal optimisés pour l’introduction et la mise à l’échelle de nouveaux produits 
Passage au second plan de la santé maternelle et néonatale par rapport à d’autres domaines de santé 
Prévision et quantification   Méthodologies limitées pour quantifier les produits de santé maternelle et néonatale 
Manque de fiabilité des données de consommation et de services  
Efforts de prévision déconnectés, non pris en compte dans les décisions de budgétisation et d’achat  
Financement et exécution du budget  Absence de lignes budgétaires dédiées aux produits de santé maternelle et néonatale  
Financement inadapté et décaissements retardés 
Outils mondiaux de financement de produits de santé maternelle et néonatale peu connus et peu accessibles 
Achats et contractualisation   Les calendriers et les processus d’achat limitent la capacité à réaliser des économies ou assurer l’utilisation de produits de qualité 
Achats fragmentés au sein des pays et entre eux, ce qui renforce les variations de qualité et de prix  
Approbation réglementaire et assurance qualité   Les processus d’enregistrement des produits et la visibilité limitée de la demande du marché peuvent décourager les investissements dans une production de qualité  
Lacunes en termes de surveillance après commercialisation combinées à une grande utilisation de produits de qualité faible ou incertaine 
Distribution finale   Les obstacles à la livraison sur le dernier kilomètre, en bout de chaîne, dans les zones éloignées entravent l’équité d’accès aux soins (situation exacerbée par les défis liés au climat) 

[1] Improving maternal and newborn health and survival and reducing stillbirth. Progress report 2023

[2] West and Central Africa’s Regional trend analysis in the supply and availability of reproductive health products at service-delivery points(2017-2023)

[3] Stock-outs of essential medicines among community health workers (CHWs) in low- and middle-income countries (LMICs): a systematic literature review of the extent, reasons, and consequences

[4] Maternal Health Data Report | Landscape & Projection of RH Supply Needs Report

[5] Preeclampsia prevention: a survey study on knowledge and practice among prenatal care providers in Ethiopia

Portée de l’appel à propositions

Les propositions sont demandées pour la mise en œuvre de l’intervention suivante, avec un plafond de financement indicatif de 25 millions de dollars US :  

 Appel à propositions : INSPIRE (amélioration des chaînes d’approvisionnement nationales en faveur de l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale et de l’efficacité des ressources) 

Afin d’atteindre les objectifs de cette intervention, Unitaid encourage les propositions qui traitent simultanément les trois objectifs de l’appel à propositions, détaillés ci-dessous : 

I. Interventions ciblées à l’initiative des pays pour lutter contre les obstacles cruciaux à l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale (env. 70 % de l’effort budgétaire et programmatique) 

Unitaid souhaite des propositions pour un projet multipays qui définit des interventions ciblées spécifiques permettant de lutter contre les principaux obstacles à l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Les projets doivent mettre en œuvre un travail collaboratif entre les agences et les ministères gouvernementaux compétents, ainsi qu’avec les autres parties prenantes principales, pour identifier les obstacles clés à l’accès, puis concevoir et mettre en œuvre conjointement des interventions innovantes pour les surmonter. Les interventions proposées doivent être bien distinctes et ciblées, pour agir sur les facteurs systémiques clairement définis de l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Elles doivent aussi faire preuve d’innovation et générer des connaissances transférables et pouvant être portées à grande échelle dans d’autres pays.  

Le projet doit se concentrer sur les obstacles systémiques spécifiques qui affectent l’ensemble de la catégorie des produits de santé maternelle et néonatale. Pour cela, le projet doit se focaliser sur les catégories de produits, et non sur les produits eux-mêmes, lors du diagnostic des difficultés et de l’identification des interventions innovantes. Si une liste de produits est requise pendant la conception du projet et/ou sa mise en œuvre, il conviendra d’utiliser la liste de produits de santé maternelle et néonatale recommandée par l’OMS, en la personnalisant selon les besoins et les priorités du pays. Les produits luttant contre les principaux facteurs de mortalité maternelle et néonatale, tels que l’hémorragie du post-partum, la prééclampsie ou l’éclampsie, l’anémie, et les infections comme la septicémie, doivent être inclus. Pour s’assurer que le projet permet d’obtenir une amélioration mesurable des stocks disponibles de produits de santé maternelle et néonatale, un petit ensemble de produits tracés doit être sélectionné et surveillé en accord avec Unitaid, les partenaires dans le pays et les autres parties prenantes. 

Les efforts visant à renforcer la coordination entre les partenaires nationaux impliqués dans l’accès à des produits de santé maternelle et néonatale de qualité sont essentiels. Les partenaires du projet doivent comprendre les mécanismes existants de coordination entre les responsables nationaux de programmes de santé maternelle et néonatale, les centrales d’achat, les organismes réglementaires, les ministères des Finances, les organisations de la société civile et d’autres groupes. Le projet doit apporter une aide catalytique visant à renforcer ces mécanismes et à les soutenir pour qu’ils deviennent opérationnels, dans le but d’assurer la disponibilité de produits de santé maternelle et néonatale de qualité au niveau où le service est fourni.  

Les premières actions du projet incluront un travail étroit avec les partenaires gouvernementaux afin de diagnostiquer et accepter les principaux obstacles à l’accès parmi les processus clés, notamment en matière de politiques et directives, prévision et quantification, financement, achats, base d’approvisionnement de produits de santé maternelle et néonatale, approbation réglementaire et surveillance après commercialisation. Seront pris en compte les solutions et les canaux d’accès du secteur privé. Les données marketing et les voies d’accès ayant un impact spécifique sur la santé des femmes, des mères et des nouveau-nés seront aussi incluses. Ces analyses viendront étayer un ensemble d’interventions ciblées, innovantes, pour lutter contre les obstacles identifiés qui bloquent l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Les projets ne doivent pas traiter tous les obstacles, mais plutôt se concentrer sur des approches innovantes qui répondent à des difficultés clés choisies en fonction des besoins du pays, de l’impact potentiel de l’intervention sur l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale et la probabilité que l’innovation puisse être mise à l’échelle au sein du pays et au-delà.  

Voici quelques exemples de domaines d’intervention :  

  • Directives et documents politiques : assurer l’inclusion des produits recommandés par l’OMS dans les directives nationales ; actualiser les listes de médicaments essentiels pour inclure les caractéristiques des produits.  
  • Prévision et quantification des produits de santé maternelle et néonatale : veiller à ce que les processus de prévision et de quantification améliorent la disponibilité en rayon, la prestation rapide et l’accès constant ; améliorer les processus de prévision en intégrant de nouveaux outils de prévision qui utilisent des données épidémiologiques pour mieux estimer les besoins des pays en matière de produits de santé maternelle et néonatale ; intégrer et trianguler les données de logistique et de prestation de services (p. ex. données DHIS-2 et eLMIS pour des prévisions plus précises) ; appliquer des outils d’IA pour améliorer les prévisions ; et mener des analyses sur le déficit de financement pour soutenir le plaidoyer en faveur de ressources domestiques et externes permettant l’achat de produits de santé maternelle et néonatale. 
  • Financement des produits de santé maternelle et néonatale : optimiser l’allocation et le flux de financement des produits de santé maternelle et néonatale en identifiant les goulets d’étranglement et les inefficacités et en concevant conjointement des approches innovantes pour assurer un financement rapide et prévisible de ce type de produits ; établir des lignes budgétaires dédiées aux produits de santé maternelle et néonatale ; assurer des décaissements budgétaires rapides en identifiant les implications des retards de financement sur les prix d’achat et la disponibilité des stocks ; étayer le financement dans les structures de santé en fonction des performances ou selon certaines conditions ; aider les pays à accéder à des outils de financement mondiaux intéressants pour les produits de santé maternelle et néonatale (p. ex. de l’UNICEF, l’UNFPA, du Foreign, Commonwealth and Development Office [FCDO], etc.).  
  • Processus d’achat de produits de santé maternelle et néonatale : approches innovantes pour les achats nationaux et infranationaux, comme les achats fondés sur la valeur (en tenant compte de la qualité, du prix et d’autres spécificités des produits) pour garantir une utilisation des ressources d’un bon rapport coût-efficacité ; utilisation de contrats-cadres ; exigence de regroupement quand les achats sont décentralisés ou de mécanismes de commande d’urgence fiables pour les produits de santé maternelle et néonatale lorsque les structures sont en rupture de stock.  
  • Mécanismes de distribution : comprendre et utiliser des stratégies existantes pour livrer des produits dans les régions difficiles d’accès, y compris des produits de santé maternelle et néonatale. 

Même si cet appel décrit une large gamme d’actions potentielles, les projets doivent prioriser et proposer des interventions qui correspondent au mieux au contexte propre à chaque pays, aux besoins et aux possibilités d’impact. Toutes les actions proposées doivent être précisément ciblées et parfaitement adaptées afin de mesurer le changement dans l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale, compte tenu du montant du financement disponible. Dans la mesure du possible, les efforts doivent s’appuyer sur les investissements existants d’Unitaid en santé maternelle et néonatale et dans d’autres domaines prioritaires, comme le cancer du col de l’utérus. L’objectif principal est de lutter contre les obstacles systémiques à l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale, en mesurant la disponibilité en stock. Les actions du projet doivent produire des résultats mesurables plutôt qu’un renforcement général du système. Différentes actions peuvent être mises en œuvre dans différents pays, et cet appel n’a pas pour vocation d’obtenir une réponse pour tous les domaines ou obstacles décrits, dans tous les contextes. Les propositions doivent justifier le choix d’actions pour chaque pays, en fonction des données probantes, de la faisabilité et du potentiel d’amélioration significative dans l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. 

Les propositions doivent inclure des approches qui renforcent la résilience des systèmes d’accès aux produits de santé maternelle et néonatale face aux risques liés au changement climatique, par exemple des modèles de prestations agiles et plus directs, des solutions d’achat et de stockage à faible impact climatique et des solutions solides pour le dernier kilomètre. En outre, les actions qui minimisent l’impact climatique des systèmes de santé sont les bienvenues, notamment les achats à faibles émissions de carbone et la gestion responsable des déchets.  

II. Formation et soutien entre pays (env. 20 % de l’effort budgétaire et programmatique) 

Le projet doit utiliser le Supply Chain Leaders Forum (SCLF) déjà existant comme plateforme structurelle permettant aux pays du projet de partager leurs expériences, leurs meilleures pratiques et les leçons tirées tout en mesurant ensemble l’impact des interventions ciblées sur l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Tout au long de la mise en œuvre, le SCLF peut servir de mécanisme pour suivre les progrès, faciliter la formation entre pairs et les échanges entre pays. Le projet doit évaluer l’intérêt du SCLF en tant que plateforme d’extension et de mise à l’échelle, par le partage des résultats du projet avec les pays membres du SCLF et la formation à partir des actions d’autres pays. Si cela est approprié, un mécanisme pour de petites subventions, revu par des pairs et initié par les pays, peut être mis en place par le SCLF pour permettre à d’autres pays de reproduire dans d’autres contextes les enseignements de l’initiative INSPIRE. La mise en relation avec les plans d’accélération des pays pour la santé maternelle et néonatale du programme EWENE pourrait être un mécanisme permettant de prendre en compte les demandes de pays souhaitant reproduire les approches fructueuses présentées dans les pays ciblés par le projet.  

Les propositions doivent décrire comment elles prévoient d’utiliser le Supply Chain Leaders Forum pour les échanges de connaissances entre pays. En outre, les propositions doivent expliciter les interactions avec les autres donateurs et partenaires (comme le Mécanisme de financement mondial [GFF], la Fondation Bill & Melinda Gates, les partenaires régionaux, etc.) afin de soutenir l’extension et la pérennité des actions du projet au sein du forum une fois le projet terminé.   

III. Participation des associations de la société civile et des communautés pour favoriser l’accès aux produits (env. 10 % de l’effort budgétaire et programmatique)  

Le leadership des communautés et de la société civile est déterminant pour améliorer l’accès aux produits de santé, comme dans la prévention du VIH et la planification familiale. Les propositions doivent montrer en quoi elles prévoient d’impliquer intelligemment les communautés clés, y compris les représentants de femmes utilisant des produits de santé maternelle et néonatale, des organisations de la société civile, et des associations professionnelles, pour défendre l’accès équitable à des produits de santé maternelle et néonatale de qualité garantie. Leur engagement doit garantir que ces communautés, surtout les groupes de femmes et les organisations de la société civile, peuvent promouvoir la sensibilisation en lien avec l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale, y compris aux outils nouveaux et émergents. Les propositions doivent évoquer comment encourager la participation des communautés et de la société civile aux plateformes décisionnelles qui influencent les politiques liées au financement, à la qualité des produits et à l’accès équitable.  

En outre, le projet doit aussi se concentrer sur le renforcement des mécanismes menés par les communautés pour améliorer et surveiller l’accès, par exemple en facilitant le dialogue entre les communautés et les structures de santé ou en impliquant les leaders communautaires pour qu’ils soutiennent les approches d’accès aux produits. Les propositions doivent décrire des idées claires et pratiques sur la manière d’impliquer intelligemment ces communautés pour assurer un accès constant à des produits de santé maternelle et néonatale de qualité garantie. En outre, les propositions doivent montrer comment le projet répondra aux biais systémiques qui altèrent l’accès à des produits de santé maternelle et néonatale de qualité. Il sera éventuellement nécessaire de mener ou de concevoir des analyses pour lutter contre les obstacles structurels et favoriser l’équité d’accès.  

Les candidats sont encouragés à impliquer les communautés en tant que partenaires actifs dans l’identification des vulnérabilités face aux risques climatiques et dans la conception commune de stratégies d’adaptation en ciblant les populations les plus touchées par le changement climatique afin de leur offrir un accès équitable. Si cela est approprié, les outils numériques peuvent être utilisés pour soutenir ces approches. Le but général est d’assurer la continuité et l’efficacité des services de santé maternelle et néonatale dans des conditions environnementales changeantes, tout en réduisant l’impact environnemental à son minimum. 

Impact recherché

Unitaid vise à catalyser l’amélioration de l’accès à des produits de santé maternelle et néonatale abordables et de qualité, conformément aux efforts nationaux en faveur de cette amélioration, avec pour conséquence un impact significatif sur l’économie et la santé publique. Unitaid a conscience que les défis de l’accès aux produits sont supérieurs à ceux que les ressources disponibles par le biais de cet investissement peuvent traiter. C’est pourquoi Unitaid recherche des améliorations mesurables et ciblées, qui tirent parti du rôle unique d’Unitaid dans l’écosystème, pour lutter contre les obstacles systémiques qui limitent l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Les approches de renforcement du système générique qui ne surmontent pas les obstacles existants n’auront pas l’impact recherché.  

En outre, les propositions reçues dans le cadre de cet appel à propositions doivent contribuer à la théorie du changement. Les candidats sont encouragés à s’inspirer de cette théorie du changement et à expliquer en quoi les actions proposées contribueront aux résultats et auront un impact. Les propositions doivent exposer clairement les résultats attendus de manière réaliste pendant la période de l’intervention proposée, en montrant comment ces extrants et résultats concordent avec la théorie du changement et la font progresser.

Conditions à remplir par les propositions  

I. Sélection des pays : 

Les candidats sont encouragés à sélectionner au moins cinq pays pour la mise en œuvre du projet, en justifiant clairement leurs choix. Unitaid sera favorable aux propositions incluant les pays suivants où existent déjà des programmes et des partenariats pertinents pour cet appel :  

Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Guinée, Kenya, Malawi, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, République démocratique du Congo, République-Unie de Tanzanie, Zambie, Zimbabwe. 

D’autres pays seront toutefois pris en compte sur la base d’une justification solide en lien avec les critères suivants : 

  • Mortalité maternelle/néonatale élevée, au stade 2 ou 3 du cadre de transition de l’OMS  
  • Diversité des caractéristiques du système d’achat/chaîne d’approvisionnement  
  • Diversité des langues  
  • Demande et intérêt affirmés du gouvernement en matière de facteurs systémiques d’accès aux produits de santé maternelle et néonatale  
  • Intérêt à mettre en œuvre des approches innovantes ou à obtenir des améliorations afin d’étendre l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. Les pays choisis doivent être membres du Supply Chain Leaders Forum ou avoir exprimé leur intérêt à en devenir membre. 

 II. Expertise et compétences du consortium :

Les candidats sont encouragés à candidater en consortiums avec des rôles clairement définis et doivent faire preuve d’une expertise complémentaire robuste pour lutter contre un large panel d’obstacles à l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale aux niveaux national, régional et mondial. Le consortium doit être en mesure de couvrir tous les aspects de la portée de l’appel à propositions. Collectivement, le consortium proposé doit avoir les caractéristiques suivantes : 

  • Expérience en matière de renforcement des systèmes nationaux pour l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale, y compris par l’adaptation des directives et des politiques au niveau national, le renforcement de la chaîne d’approvisionnement et des achats, le financement des produits de santé, l’orientation du marché, les systèmes de données et numériques pour le suivi de la disponibilité des produits et la mesure de l’amélioration du système.  
  • Grande connaissance des marchés, des chaînes d’approvisionnement et des structures des systèmes de santé dans les pays proposés. Le consortium doit aussi être au fait des défis actuels, des priorités du gouvernement et des initiatives en cours en lien avec l’accès aux produits de santé maternelle et néonatale. 
  • Bilan prouvant la gestion ou le soutien apporté à d’importants mécanismes de collaboration entre pays, par exemple plateformes de formation, pôles de connaissances ou réseaux de pratique multipays.  
  • Capacité à faire s’impliquer les communautés et collaborer la société civile pour activer des mécanismes importants de redevabilité issus de la société civile. 
  • Capacité prouvée à identifier et traiter les considérations d’équité en lien avec l’accès aux produits.  

III. Engagement des parties prenantes : 

Au-delà du consortium, une large collaboration avec les parties prenantes concernées sera indispensable à la réalisation des objectifs du projet, y compris par le biais de mécanismes de coordination efficaces et de partenariats bien articulés. Les consortiums doivent montrer qu’ils comprennent la portée et le rôle du Supply Chain Leaders Forum. Les propositions doivent désigner clairement les principales parties prenantes qui s’engageront aux niveaux mondial, régional et national, en précisant les modalités de ces engagements. Les parties prenantes doivent représenter différentes perspectives (p. ex. organisations à assise communautaire, société civile, etc.). Elles doivent également prouver leur engagement auprès de partenaires gouvernementaux (y compris les organismes d’achat, les mécanismes de financement, etc.) des pays proposés.  

IV. Enveloppe de financement :

Le montant total approximatif du financement pour l’ensemble des travaux présentés dans le cadre de cet appel à propositions dépendra des propositions reçues et del’étendue des activités à mener, mais le plafond total devrait s’élever à environ 25 millions de dollars US. La préférence sera accordée au financement d’un seul consortium qui remplit tous les objectifs de l’appel. Comme précédemment souligné, les principaux moteurs budgétaires devront concerner l’objectif (I), et les allocations pour les objectifs (II) et (III) seront plus limitées.  

V. Cofinancement :

Les candidats sont encouragés à indiquer les sources potentielles ou garanties de cofinancement pour le programme ou pour des activités complémentaires. Cela n’est pas obligatoire, mais renforcera la qualité des propositions. En outre, les candidats doivent également expliquer clairement comment ils prévoient d’utiliser et de collaborer avec les programmes existants d’Unitaid, et les initiatives soutenues par d’autres donateurs dans le monde ou dans le pays, comme le Mécanisme de financement mondial, le fondsBeginnings Fund, la Children’s Investment Fund Foundation (CIFF), la Fondation Bill & Melinda Gates, etc. 

VI. Durée du projet :

Unitaid souhaite recevoir des propositions d’une durée de 4 ans.

VII. Hypothèses et risques du projet :

Les candidats doivent expliciter clairement les hypothèses qui sous-tendent l’approche proposée et souligner tout risque important ou tout autre facteur susceptible d’influer sur les résultats. Enfin, il est attendu que les propositions décrivent une démarche épurée, concrète et claire conduisant aux résultats et à l’impact. 

Informations supplémentaires

Communautés : Unitaid considère le travail avec les communautés comme un élément essentiel à la création de la demande et encourage fortement à ce titre l’adoption d’approches inclusives, ainsi qu’un engagement précoce, significatif et soutenu des communautés en faveur des conditions de vie et de la santé des personnes les plus vulnérables. Les communautés affectées et les collaborations planifiées avec d’autres groupes concernés, y compris les organisations à assise communautaire et les organisations de la société civile, jouent un rôle essentiel à toutes les étapes d’un projet ou d’un programme, y compris la conception. Ce rôle est un déterminant clé du succès. Les propositions envoyées présenteront clairement le budget des activités. Que ce soit à l’étape de la conception, de la planification, de la mise en œuvre ou de l’évaluation des activités et des programmes, les démarches dirigées par les communautés doivent être adéquatement prises en compte et suffisamment pourvues en financement et en ressources. 

Partenaires de mise en œuvre basés dans des pays du Sud : Unitaid recherche le projet d’un consortium mené par une organisation basée dans un pays du Sud, ou dans lequel les partenaires de mise en œuvre issus d’un pays du Sud sont fortement représentés, avec la perspective que la majorité des actions au niveau du pays soient menées par des partenaires de mise en œuvre basés dans le Sud global, bénéficiant d’une expérience prouvée dans le pays et de relations établies avec les gouvernements des pays proposés. 

L’objectif d’Unitaid est d’accorder des rôles de premier plan à un nombre croissant de partenaires de mise en œuvre issus de pays du Sud global. Cet objectif n’écarte en rien les propositions dirigées par ou faisant intervenir des partenaires issus de pays du Nord global. Dans ce cas précis, lors de l’attribution des propositions, Unitaid tiendra compte de la proportion du budget alloué aux partenaires des pays du Sud, la proportion minimale recommandée étant de 50 %. Dans tous les cas, Unitaid encourage la coordination et la collaboration parmi les partenaires de mise en œuvre et s’attend à recevoir des propositions ayant un impact régional dans des marchés de pays à revenu faible ou intermédiaire clés et présentant une trajectoire claire quant à leur impact mondial et national. 

Action climatique et environnementale : Unitaid s’est engagée à l’action climatique et environnementale dans ses investissements et s’attend à ce que ses partenaires prennent des engagements similaires. Les propositions doivent préciser : i) les efforts qui seront déployés pour réduire au minimum les émissions de carbone des activités du projet ; ii) les possibilités de contribuer à des avantages connexes climatiques et/ou environnementaux, en synergie avec les objectifs fondamentaux du projet. Le modèle de proposition contient des orientations et des définitions plus détaillées à ce sujet. 

Rapport coût-efficacité et impact : les propositions doivent démontrer leur rapport coût-efficacité et un impact mesurable. Les propositions doivent comprendre des perspectives d’impact, de mise à l’échelle et de durabilité des interventions clés. 

Domaines hors de la portée du présent appel à propositions : interventions focalisées sur un seul produit, interventions dans un seul pays, projets se focalisant uniquement sur des interventions logistiques sans tenir compte de l’écosystème holistique.  

Processus de soumission des propositions

Des réponses aux questions les plus fréquentes concernant la préparation des propositions se trouvent dans le document suivant, qui est régulièrement mis à jour :  [PDF: 200 KB]. 

Les candidats doivent expliciter clairement les hypothèses qui sous-tendent leur approche proposée et relever tout risque important ou tout autre facteur susceptible d’influer sur les résultats. Enfin, il est attendu que les propositions décriront une démarche épurée, concrète et claire conduisant aux résultats et à l’impact. 

Au terme de son processus d’évaluation des propositions et d’approbation par le Conseil d’administration, Unitaid avisera officiellement les candidats de sa décision de les inviter ou non à préparer un accord de subvention complet. 

Dates importantes

When developing a proposal, please note that answers to Frequently Asked Questions relevant to proposal development can be found here: [PDF: 200 KB] (this document is regularly updated).

Applicants should be clear about the underlying assumptions made in their proposed approach and should highlight any major risks or other factors that may affect the delivery of results. Finally, proposals are expected to outline a lean, concrete, and clear pathway to results and impact.

After assessment of the proposals and endorsement by the Unitaid Board all applicants will be officially notified as to whether they will be invited to develop a full grant agreement for Unitaid funding.

Webinaire

28 janvier 2026

Webinaire animé par Unitaid sur la portée et le contenu de l’appel à propositions, avec séance de questions sur le processus, le mercredi 28 janvier 2026, à 14 h, heure d’Europe centrale.
Pour vous inscrire au webinaire, veuillez remplir ce formulaire en ligne. Veuillez noter que seuls les participants inscrits recevront les informations de convocation. Pendant l’inscription, vous aurez la possibilité d’envoyer des questions auxquelles Unitaid tentera de répondre pendant le webinaire.
Si vous ne pouvez pas participer au webinaire, vous pourrez en voir un enregistrement, qui sera ajouté sur cette page peu après la séance. La participation au webinaire est facultative. Vous pouvez répondre à l’appel à propositions en déposant votre proposition à tout moment avant la date limite indiquée ci-après.

La date limite

20 mars 2026

La date limite de dépôt des propositions complètes est le vendredi 20 mars 2026, à 12 :00 CET, heure d’Europe centrale. Les candidatures déposées après cette date limite seront refusées.

Veuillez noter que votre proposition sera considérée comme déposée seulement après avoir reçu un accusé de réception d’Unitaid par courriel.
L’accusé de réception n’est pas une réponse automatique. Il vous sera envoyé dans la journée ouvrable suivant la date limite. Si vous n’avez pas reçu d’accusé de réception dans ce délai, veuillez contacter [email protected].

Veuillez noter que notre système de courrier électronique accepte des messages d’une taille maximale de 8 Mo. Si votre proposition excède cette taille, veuillez la transmettre en plusieurs messages.